Essai — Sociologie
Essai sur la frugalité
Jean-Luc Roques
La frugalité inquiète. On l’assimile au manque, à la privation, au renoncement — comme si vivre avec moins revenait à vivre diminué.
La confusion n’a rien d’un accident sémantique. Elle sert ceux pour qui l’excès, sous toutes ses formes — argent accumulé, pouvoir concentré, passions déchaînées, besoins fabriqués —, demeure le seul horizon pensable.
Jean-Luc Roques renverse la perspective. La frugalité n’est ni un régime alimentaire ni une vie étriquée : c’est une attitude critique, une arme de dénonciation braquée contre la démesure. Elle ne mesure pas ce dont on se prive ; elle mesure ce qu’une société tient pour nécessaire.
À rebours d’une modernité qui a fait du gaspillage un devoir civique, l’essai suit à la trace les figures que chaque époque a produites — et aussitôt marginalisées, suspectées, réduites au silence par ceux que la sobriété dérange. L’histoire de la frugalité est d’abord l’histoire de son discrédit.
Trois avenirs se dessinent au terme du parcours. Deux mènent tout droit à la catastrophe. Le troisième, seul, ouvre une brèche : celui où la frugalité cesse d’être un objet de honte pour devenir un principe de libération.
Un livre qui ne prêche pas la résignation. Il propose une arme de lutte contre une époque qui vante l’hystérie consommatrice.
L’auteur
Jean-Luc Roques est docteur en sociologie, ancien maître de conférences à l’université de Perpignan et chercheur à l’université de Franche-Comté. Ses recherches ont d’abord porté sur un objet peu étudié : les petites villes. Il a publié plusieurs ouvrages et articles dans des revues nationales et internationales, qui s’attachaient à montrer en quoi ces entités urbaines et leurs habitants se trouvaient dans une situation très incertaine face à un monde contemporain de plus en plus envahissant. Il a ensuite recentré ses travaux sur les paradoxes de la Modernité, et plus nettement sur les errances de la société de consommation et ses effets nocifs, tant sociaux qu’environnementaux. Il collabore actuellement avec l’association PEAL.