Essai — Théorie politique
L’acratie
Une utopie à défendre
Corinne Berger
L’État, l’entreprise, l’association : trois institutions censées organiser la vie commune. Toutes trois prises, aujourd’hui, dans des logiques qui les défont.
Le marché envahit le service public. La concurrence percute la solidarité. La hiérarchie s’impose partout comme une évidence, jusque dans les structures qui prétendaient s’en passer. Le constat est devenu banal ; ce qui l’est moins, c’est le refus de s’y résigner.
Corinne Berger revisite l’acratie — cet idéal de société qui met à distance toute forme d’exploitation et fait confiance à la liberté de jugement de chacun. Le mot est rare et l’on aurait tort d’y lire une table rase : il ne s’agit pas de supprimer l’État ni l’entreprise, mais de les rendre modestes.
D’où un programme précis. Territoires autonomes et fédérés. Statut social garanti. État recentré sur ses principes plutôt que sur son PIB. L’entreprise y perd son commandement vertical ; l’association y retrouve ce qu’elle avait cédé au marché.
Utopie, donc — au sens exact où elle mesure ce que le présent refuse d’imaginer. Le livre ne promet rien. Il rouvre un espace de pensée que l’époque avait laissé se refermer.
L’auteure
Corinne Berger est juriste en droit public. Ses recherches, engagées dès le DEA à l’université de Bordeaux I, l’ont menée des questions institutionnelles aux problématiques sociales et environnementales, au service des collectivités locales. Elle est aujourd’hui chargée d’études au PEAL et rédactrice de La Lettre du PEAL.